Accueil du site > 2. Territoires, Cadre de vie > Aménagements à Villeneuve d’Ascq > Un PONT DE BOIS, comme un avion sans ailes....

Un PONT DE BOIS, comme un avion sans ailes....

1er 2009


Un pont de bois comme un avion sans ailes

Qu’on se le dise, la politique en matière urbaine à Villeneuve d’Ascq est d’une totale indigence. Carence totale de clairvoyance, de pertinence et d’imagination. L’action menée sur le Pont de bois en est une belle illustration.

Absence de clairvoyance

Alors que depuis des décennies les difficultés de fonctionnement des logements sociaux du Pont de Bois, il a fallu le passage d’un ministre de "Droite " pour enclencher un branle-bas de combat général. Tout le monde sur le Pont, ANRU oblige (ANRU : agence nationale de rénovation urbaine). Il ne faut pourtant pas être grand clerc pour deviner que pareille forme urbaine et pareille concentration de logement sociaux nécessitait une approche globale.

Absence de pertinence.

L’absence de projet global pour la ville est ici plus qu’ailleurs criant. Une commande a été passée à des équipes pour réfléchir sur ce que l’on appelle le quartier du Pont de Bois. Mais la carence en vision globale pour la ville rend ces investigations sans lendemain. Les disfonctionnement du quartier ne trouveront pas leur réponse dans une réflexion à la dimension d’un timbre poste et le devenir des logements et celui de la vie sociale de ce morceau de ville ne se règleront pas en se contentant de prendre acte de l’état actuel de la propriété. Il faut un vrai projet pour le logement social sur la ville, et pas seulement une déclinaison du PLH communautaire. Ici au Pont de Bois comme en beaucoup d’autres endroits, il faut une vraie complémentarité entre les grands équipements de formation et le tissu économique et résidentiel et pas seulement relayer un concept technopole vieux de 15 ans et limité à un espace restreint de la ville.

Absence d’imagination.

Le futur n’existe pas, il reste à inventer disait un prospectiviste du nom de Michel Godet. Dans ce registre, outre l’erreur de définition de périmètre confié aux équipes concurrentes, l’absence de réflexion sur la matière même du quartier, la question du logis, du rapport à un espace de résidence, de qui gère quoi et comment, conduit à une sclérose de la réflexion en partie liée à ce que l’on ait laissé un des organismes monter seul son opération de réhabilitation avant l’interpellation de l’ANRU. Les exemples sont pourtant pléthores en Europe pour montrer la richesse d’une remise en cause des statuts d’occupation, des redivisions de l’espace, de l’apport des matériaux dans la diversification de la perception des lieux. Ce quartier a un potentiel fabuleux compte tenu du nœud intermodal qu’il représente et des équipements qui le jouxtent. Oui l’attachement à des valeurs écologiques a montré dans bien des quartiers sa capacité à engendrer de la diversité sociale et spatiale, à générer une attractivité nouvelle : terrasses plantées, doublages isolants avec parements bois, serre par-ci, panneau solaire par-là, murs végétalisés, auto-construction par un collectif en location-acquisition, etc... Les immeubles du Pont de Bois ne sont pas qu’une carcasse de béton sans vie. Mais il ne servirait à rien de mettre à contribution les habitants et les associations s’il manquait l’ambition qui leur permettrait d’inscrire leur action dans un remodelage durable de l’image du quartier.

Répondre à cet article

2 Messages de forum

  • Un PONT DE BOIS, comme un avion sans ailes.... 26 septembre 2006 16:01, par pole.nord (un résident du pont de bois)

    Qui est l’auteur cet article pour se permettre d’emettre un avis aussi juste . Les résidents de ce quartier ont été mis hors circuit de leur avenir. Il reste une porte de sortie pour eux ; la fuite ... de "leur" quartier !

    Répondre à ce message

    • Un PONT DE BOIS, comme un avion sans ailes.... 27 septembre 2006 22:35, par jpm

      L’auteur est un adhérent des Verts villeneuvois qui constatait avec désolation la non valorisation des atouts du quartier du Pont de Bois bien avant la visite du ministre du Logement. Faisant partie de ceux qui pensent qu’une autre gestion de la ville est possible, je souhaiterais à mon tour en savoir un peu plus sur ce qui conduit certains à considérer que leur parole n’est pas entendue et à avoir le sentiment de devoir fuir « leur » quartier.

      Répondre à ce message