Accueil du site > 2. Territoires, Cadre de vie > Grand Stade > Délibération municipale enquêtes publiques grand stade

Délibération municipale enquêtes publiques grand stade

intervention lors du conseil municipal du 30 juin 2009

mardi 30 juin 2009


Monsieur le maire, cherEs collègues

Le groupe des éluEs Verts, que je représente, commencera son intervention par un rappel de notre position concernant le projet de grand stade métropolitain et ensuite commentera la délibération de ce soir au sujet des trois enquêtes publiques.

Quelle est notre position politique sur ce dossier ?

Elle n’a pas changé, depuis le départ du projet il y a plus de trois ans, les élus Verts, dans leur ensemble ont voté contre et continueront à le faire.

Le vote « contre » des élus Verts, n’est pas un vote passéiste, d’opposition systématique, de combat d’arrière garde, bien au contraire !!! C’est un combat pour l’avenir de notre métropole, de nos villes. Il s’agit bien d’un refus d’un modèle perdant-perdant qui va venir obérer le futur. L’avenir proposé par LMCU est celui d’un projet surdimensionné, avec un impact écologique trop lourd, non équilibré et beaucoup trop cher pour notre métropole, positionné en urgence sur des terrains disponibles lui appartenant. Bref un projet qui ne participe pas à une politique d’aménagement durable du territoire et de réductions des inégalités.

Il existe d’autres priorités pour notre métropole, notamment dans le logement, les transports ou d’autres domaines. Par exemple, 700 millions d’euros, c’est le coût des besoins du campus Grand Lille pour être un campus digne des enjeux actuels et internationaux. Cet investissement aura un réel impact économique sur la Région et donc sur la métropole.

Ce projet a été mal engagé dès le départ et ce n’est que par une mobilisation citoyenne, associative, politique que le dossier évoluera. En effet, LMCU, de son côté, pendant que nous nous penchons sur une série d’enquêtes publiques, continue à dérouler le scénario comme si rien n’arrêtera la machine, comme si le choix était cohérent et irréversible. Ainsi vendredi dernier, était encore votées des délibérations préparant l’avenir du projet, alors que des pièces du dossier sont encore en attente telle que la connaissance de l’impact de la nouvelle zone commerciale, Heron Park, en matière de déplacement, sachant que les cinémas n’ayant pas ouverts, leurs impacts ne sont pas encore mesurables. Notons au passage, qu’aucune projection en matière d’impact n’a été faite.

Dans le domaine environnemental des pièces sont apportées en cours d’enquête tel que le pré-bilan de l’étude sur les chiroptères (les chauve-souris) et d’autres études telles que celles concernant la nature des déchets de la butte se font attendre. Quoi que de plus naturel ! On rectifiera, on réaménagera un peu plus tard en prenant en compte ces éléments au regard de la facture car il faudra des mesures correctrices, au risque de ne plus assurer la cohérence d’ensemble.

LMCU est bien l’instance de la représentation collective de notre métropole et à ce titre elle se doit de traiter sérieusement la gestion de notre territoire et le bien-être de la population qui la compose. Tout au moins c’est notre avis, car la réalité semble toute autre.

Cela avait pourtant bien commencé car la révision du Plan Aménagement Développement Durable, pour la zone de la Borne de l’Espoir, préconise des éléments spécifiques pour le site allant dans le bon sens.

Mais, car il y a souvent un mais, cela n’est pas suivi dans les faits.

On croit toujours rêver, mais en 2010, on est toujours capable de produire de beaux dossiers qui ne servent que pour le décorum. Lorsque ce Plan Aménagement Développement Durable encore appelé Padd précise qu’il faut un aménagement exemplaire et bien le projet fait le contraire. Le Padd n’est pas opposable, mais le donneur d’ordre pour le projet et le responsable du Padd sont les mêmes, c’est à dire LMCU. C’est à désespérer. Quel acte manqué ! Au regard des élections actuelles, autant d’erreurs nous inquiètent. N’y aurait-il pas au PS un penchant suicidaire ?

Nous nous souvenons toutes et tous du dossier de candidature de Lille aux JO de 2004 !

Pour Villeneuve d’Ascq on rénovait le stadium et cerise sur le gâteau le boulevard du Breucq devenait un boulevard urbain comme celui que connaît Lille aujourd’hui, avec l’avenue Hoover. On envisageait même la couverture du boulevard du Breucq. Il y a près de dix ans on parlait de réduction de la pollution pour les athlètes. Que reste-t-il aujourd’hui de cette ambition ? Trop peu, voire rien.

Aussi nous interpellons la collectivité, LMCU, une nouvelle fois pour reconsidérer ce projet issu de l’ère Mauroy, ére qui était basée sur un consensus permanent inhibant toutes contestations potentielles. Ce projet a été lancé dans l’esprit productiviste du moment basé sur la consommation d’espace (concept de terres kleenex), consommation d’énergie, d’argent public. Cette époque là n’est pas si lointaine de nous. Cette époque productiviste est avant tout basée sur la croissance permanente, le rayonnement démesuré, des projets à la hauteur de l’égo de certains ou certaines, elle est basée sur la puissance de l’économique au détriment de l’homme, sur l’écoute des biens-pensants du monde économique avec en arrière plan les financiers.

Bizarrement cette conception était partagée, par le Parti Socialiste métropolitain, mais aussi par le Parti Communiste par le truchement de Mme Demessine.

Il semble pourtant que les temps ont changé et qu’il faut tourner cette page, être plus raisonnable, plus sobre, revenons à un équipement cohérent dans sa dimension, dans son positionnement dans l’espace métropolitain, dans sa conception, son intégration, sa cohérence avec les besoins.

Vous imaginez-vous avoir en 2012, à moins de 100 mètres des habitations de l’hôtel de ville, un projet équivalent à 14 étages de haut, qui amèneront une foule de consommateurs de cette « boîte à spectacles » ?

Avec un peu de chance le prix du pétrole aura fait diminuer le nombre de véhicules rendant inutiles certains investissements et si la crise économique se poursuit se sera une future friche (un peu à l’image des parkings construits autour du Stadium qui pour certains, sont inutilisés ou réaffectés à d’autres usages)

Nous le savons, faire revenir sur le projet, même s’il y a une erreur manifeste de choix, relève de l’utopie, car le manque de courage politique est trop patent, comme bien souvent. Le PS préfère continuer dans l’erreur neutralisant les risques d’opposition divers par des arrangements ou des concessions.

Mais, tout au moins, LMCU devrait essayer de corriger le tir, c’est un minimum ! Et bien non, elle persiste !

Le monstre, l’OVNI, on l’appellera comme on le voudra, se posera là où on l’a décidé, suffisamment près du boulevard de Tournai pour garder de la place pour la rentabilité du projet, on s’efforcera d’amener le peuple consommateur dans les meilleures conditions et dans les temps, c’est impératif. Dans la même logique, le plan d’accessibilité doit répondre à cela en priorité faisant fi de l’aménagement de notre territoire, qui dépasse notre simple ville !

Rappelons que notre ville, en dehors de ses 62000 habitants, est une cité qui incite à s’y déplacer par la présence d’universités, de nombreux emplois, de services, de structures d’animation, de pôles commerciaux, culturels etc…Donc des déplacements d’habitants venant entre autre du versant Est de la métropole. Notre ville est elle-même une ville très étendue. Les problèmes de mobilité y sont déjà importants. A priori, l’intérêt pour les communes, d’un tel projet, repose sur la possibilité de l’enrichir et de renforcer l’ancrage territorial en minimisant les défauts originels.

Revenons un peu en arrière : 1960, les grands aménageurs conçoivent une ville nouvelle de 100 000 habitants, ajoutant à la coupure Est-Ouest de la voie ferrée, la tranchée Nord-Sud d’une voie rapide. Mais cela n’avait pas d’importance car la voiture devait devenir la reine en termes de transport.

Vingt ans plus tard, le métro semble sauver la ville mais en fait il n’en est rien, car les deux arêtes dorsales que constituent les lignes 1 et 2 sont d’abord pensées pour amener vers la gare de Lille. La desserte en transport en commun du territoire Est est pleine de grosses lacunes.

Le projet de grand stade aurait pu être l’occasion de repenser et conforter la mobilité sans laisser la part belle à la voiture (exemple de la Haute Borne : besoin pour l’activité économique immédiate d’une station de métro entre autre). Et bien d’après les dossiers de l’enquête publique il n’en sera rien. Nous le savions déjà car dès 2007, les grandes lignes étaient dessinées et elles n’ont pas variées. Le projet du stade ressemble plus à la volonté de créer un futur centre ville, décidé par LMCU, un futur nombril que sera ce temple de la consommation. Cela est très grave en termes d’aménagement. Il eut été préférable d’avoir un projet moins ambitieux, avec un accès desservi uniquement par les transports en commun ou en transport doux, exemplaire dans sa construction, son intégration, sa consommation en énergie. Cela est encore possible.

Le dossier accessibilité est à revoir totalement car des sommes énormes vont être englouties pour n’aboutir qu’à l’asphyxie du secteur. Des modifications d’infrastructures payées chers pour ne répondre qu’à un seul besoin, répondre à l’appel du monstre uniquement.

Comment un tel projet est encore possible en 2010 ?

Est-ce le fameux Partenariat Public Privé qui a permis cela ? et bien oui, nous le craignions. Sans partenariat nous serions avec un projet à taille humaine, maitrisable, acceptable. Pour vérifier le besoin de cet équipement il faut en passer par un débat national. Nous avons interpellé la commission nationale du débat public mais nous sommes toujours en attente de la réponse. Nous nous étonnons de son silence. Nous ne désespérons pas de la convaincre, la facture s’alourdissant avec le traitement complet de la butte et de ces déchets hautement polluants, car comme le dit Madame Demessine, cela aura des incidences budgétaires. La haute autorité aura plus de visibilité sur l’ampleur du dossier financier. Donc la prochaine étape sera peut-être l’ouverture d’un débat national sur ce projet.

Revenons en maintenant à la délibération :

Nous sommes engagés dans une majorité municipale et bien que le positionnement de notre groupe soit résolument contre ce projet, nous avons contribué au travail de préparation de la délibération.

Nous sommes conscients de l’importance de ces enquêtes qui sont un des leviers pour faire évoluer dans le bon sens le dossier car si cela devait se réaliser il faut que cela le soit dans les moins mauvaises conditions de réalisation possible pour le bien être de la population et le développement harmonieux de notre territoire qui ne s’arrête pas à de simples limites géographiques.

La première enquête a débouché sur trois réserves importantes et plusieurs recommandations. Si tout n’a pas été pris en compte, nous remercions néanmoins la commission d’enquête de la prise en compte de certaines remarques.

C’est pour cela qu’en plus du travail collaboratif pour contribuer à l’élaboration de cette délibération, nous continuerons à œuvre pour que ce projet ne voit pas le jour, tout au moins en l’état actuel du dossier. La délibération exprime assez bien ce que nous défendons, notamment en terme de mobilité. Nous nous posons la question quant à l’opportunité des parkings spécifiquement créés pour le stade et que si parking il doit y avoir, ils doivent répondre aux besoins du territoire car par exemple le parking motocycliste ne servira que pour le seul stade.

Nous en profitons pour faire la proposition de traiter le complexe motocycliste dans son aspect pollution sonore qui impacte les populations dans un rayon important.

D’une manière générale le dossier ne propose pas de mesures compensatoires à un niveau suffisant au regard de la destruction de zones auparavant agricoles, boisées etc…

Le rapport de Mr le Préfet nous conforte dans ce sens sur plusieurs points. Toute destruction doit faire l’objet d’une compensation en proximité immédiate, affectée d’un coefficient multiplicateur. Ainsi la zone boisée doit être replantée à hauteur de quatre fois la surface détruire (cf la loi sur l’environnement : mesures compensatoires du défrichement d’une zone boisée).

Le dossier montre qu’il n’en est rien car hormis le rideau d’arbres, on se contente d’aménagement paysager avec ce qui est grave, pour nous, des plantes inadaptées, voire invasives. C’est ce là leur biodiversité !!!

Du côté du dossier énergie (*), le dossier ne propose qu’un minimum alors que la nécessité d’être exemplaire s’impose à l’ouvrage. Cela est abberent car LMCU va mettre en place son Plan Climat Territorial, qui imposera d’être économe en énergie. Pendant que LMCU va s’imposer de réduire son empreinte carbone, qu’elle va inciter les autres collectivités, sa population, le grand stade allongera l’addition, dans sa construction, son usage (image du sceau à remplir et qui fuit !).

Dernier point qui nous inquiète : l’absence d’informations concernant le traitement de la zone par rapport aux risques des mouvement de terre qui seront aggravés par les déplacements de charge entre autre. Rappelons que nous sommes une zone d’aléas fort à 80% (information se trouvant dans le dossier). Donc quel impact, dans quel périmètre, quelles sont les études réalisées par le maître d’œuvre ? Nous exigeons ces études très rapidement. Des coûts supplémentaires sont à craindre.

Pour finir la commission locale de suivi du chantier proposée par la commission d’enquête porterait le nom de CLOSE. Le jeu de mots de LMCU ne passe pas, il n’est pas le bienvenu ! A notre tour de proposer de renommer la commission en commission OUVERTE ET TRANSPARENTE, se réunissant autant que nécessaire.

En conclusion :

Si LMCU ne répond pas aux exigences décrites dans cette nouvelle délibération, il faudra vraiment, Monsieur le Maire, se poser la question de la signature du permis de construire. Nous déposerons un ensemble de remarques sur les registres et nous appelons également l’ensemble des populations à s’exprimer au plus vite.

Pour notre part, à la rentrée de septembre nous proposerons un blog permanent de suivi du dossier pour garder la mémoire sur les engagements pris, le suivi du dossier, permettant l’échange citoyen le plus large possible. Nous voterons donc cette délibération et nous remercions l’ensemble du conseil de son écoute.

* ajout énergie proposée dans la délibération : « Etudier de façon plus précise l’impact énergétique du Grand Stade. Cet équipement doit d’ores et déjà s’inscrire dans la logique du futur plan climat territorial de notre métropole en respectant les normes RT2015, être exigeant en matière de consommation énergétique, notamment en s’appuyant sur le réseau de chaleur existant ou en développant une unité utilisant la biomasse en complément de l’existant qui servira également à alimenter les logements, les équipements privés, municipaux ou universitaires des communes de Villeneuve d’Ascq et Lezennes, mais aussi produire de l’énergie solaire (thermique et photovoltaïque, éolien) au minimum en rapport avec sa consommation, d’être exigeant pour protéger la ressource en eau (création de noues, récupération et réutilisation pour la pelouse etc…). »

Répondre à cet article

1 Message