Accueil du site > 2. Territoires, Cadre de vie > Grand Stade > Les enquêtes publiques > Dossier accessibilité pour le projet grand stade

Dossier accessibilité pour le projet grand stade

ce qui a été déposé sur les registres d’enquête publique

jeudi 2 juillet 2009


En préalable : nos remarques sur l’enquête Accessibilité sont faites à la lecture parallèle des deux autres dossiers de l’enquête publique à savoir modification du PLU et permis de construire

Les dossiers ne montrent aucune prise en compte du territoire dans sa globalité (absence de projection de heron park, des cinémas, voire de la zone de v2) donc aucun dossier ne propose une réponse appropriée permettant de la correction des défauts actuels et futurs (nouvelles zones construites avant le projet grand stade) inhérents à la construction de la ville et de ses voisines sur le versant Est de la métropole.

Nous pensons que pour un tel équipement, qui reste une erreur dans sa localisation et son dimensionnement, la seule réponse possible, pour ne pas asphyxier plus la zone est de ne permettre que l’accès par transport en commun (métro avec station spécifiques, bus, navette), pédestres et cycliste. Tout autre tentative d’accès est vouée à l’échec tant la zone est saturée. Il faut maximiser immédiatement l’offre en transport en commun et que ces transports en commun puissent être utilisé en permanence, intégrant la problématique de desserte de la boite à spectacle. De ce fait le besoin de parkings tant sur Lezennes (complexe motocycliste) que sur l’IUT ne sont pas, pour nous, justifier (voir nos remarques sur l’enquête concernée). Grenelle de l’environnement, Plan Climat Territorial ? on est loin d’avoir un dossier cohérent avec ces objectifs

Notre ville souffre déjà de la voiture, puisqu’elle est construite autour de la N227 qui coupe littéralement la ville en deux, sous la forme d’une tranchée, recoupée par la voie ferrée ; son centre ville est déjà adossé à un centre commercial, que peut-on espérer d’une nouvelle zone avec un stade et des parkings, coincés entre une zone commerciale et l’autoroute ? L’accessibilité dans tout cela est primordiale mais pas prise en compte selon ces enjeux. Le dossier nous inquiète car il n’a que très peu d’ambition pour l’aménagement du territoire. Son objectif semble être celui de répondre en priorité à l’alimentation en clients pour la boîte à spectacle. Comment les faire venir dans le délai imparti pour qu’ils n’y soient pas en retard. L’impact est important car tout est conditionné à cela et rien d’autre. Le dossier ne s’inscrit nullement dans le cadre du futur Plan Climat territorial car il est un aspirateur à voitures par la création de nouveaux axes ou de zones de parking qui n’empêcheront nullement le stationnement sauvage, l’asphyxie des quartiers périphériques, le blocus des villes. La circulation résidentielle sera pénalisée de façon intolérable. La seule réponse étant de repenser l’ensemble du territoire en aménageant, en confortant l’offre de transports en commun, la circulation douce. Nous savons pourtant que la ville de Villeneuve d’Ascq connaît un problème de fond quant aux déplacements et l’absence d’un véritable centre ville. Ce centre ville ne doit pas être cette nouvelle zone car elle ne fait que représenter le mythe de la consommation et que demain nos villes devant être repensées, cette zone pourrait devenir un nouvel espace en friche. Quelques améliorations avec des lignes de bus plus fréquentes mais insuffisant au regard des besoins de déplacement Nord Sud et de la desserte vers Roubaix-Hem notamment. Le coût des aménagements est un gâchis au seul profit du tout voiture même si en proximité quelques aménagements profiteront aux riverains sur la partie du boulevard de Tournai. Les millions dépensés par les deniers publics sont globalement gaspillés car mal pensé ou n’ayant pas le bon objectif. Ce qu’il serait intéressant de proposer : l’argent de LMCU, du département et de l’Etat devrait être investit dans le doublement de la ligne 1, le redéveloppement du rail (Tram Train jusque Baisieux avec desserte par bus et ceux dès la station d’Hellemmes etc…), la desserte par navette permanente et non ponctuelle au seul service du stade, entre les stations d’Hellemmes, Pont de Bois, Ascq et une nouvelle halte rue Colbert en vue de futurs quartiers qu’il faudra desservir. Il est anormal de ne pas à la fois anticiper l’aménagement du territoire et de devoir se reposer les questions et dépenser de nouveaux millions d’ici quatre ou cinq ans. Le stade a besoin d’un minimum de stationnement, certes, mais il doit y répondre par son parking souterrain. Il est surprenant d’installer un parking sur le complexe moto alors que cela ne servira que pour le stade ou le complexe. Cet équipement est payé par la collectivité, son intégration doit être le plus cohérent possible et au profit de l’amélioration de l’ensemble quant au parking silo qui s’intégre on est bien trop vite satisfait, le parking du complexe est bien une « verrue ». L’immense parking à vélo du stade ne sera cohérent que si autour la population peut se déplacer facilement et les transports en commun acceptent les vélos car seuls les plus proches viendront en vélo. Il s’agit d’une bonne idée mais déconnectée de la réalité du dossier. L’accessibilité ne prend pas en compte les flux provenant du nord par la RN227, la saturation du boulevard de Tournai déjà en asphyxie un samedi de juin ordinaire, des populations prises en otages sur une grande partie de la ville, il ne faudra pas se déplacer les jours d’événements, ni revenir à son domicile. On ne sait pas gérer le stationnement près du stadium nord actuellement alors comment cela va-t-il se passer demain. Le dossier n’explique pas les mesures qui seront prises pour drainer les nouveaux flux, les conséquences des saturations ponctuelles et l’influence sur le réseau routier au-delà et à l’intérieur du territoire concerné dans le dossier. Ce qui est sur c’est que la pollution de l’air sera aggravée. Quelles mesures seront prises lorsque la pollution, par exemple à l’ozone, affectera la zone, on arrête les déplacements ? lorsque les départs ou retour de week-end, vacances téléscoperont des événements ? Bref le dossier n’a aucune réponse, on se croirait dans un monde idéale ou chacunE se déplace tranquillement et si possible comme on le souhaiterait. Quid de la situation économique des zones commerciales ? si cela asphixie la zone, comment allons-nous requalifier ces futures friches de zones économiques ? Pour nous il est impératif de maximiser les aménagements réutilisables pour la collectivité, et minimiser les dégâts (destruction d’espaces verts, pollution, bruit, ...) :
- maximiser l’offre en transports en commun qui puisse être réutilisé même en dehors des spectacles :
- à partir du nord : navettes systématiques à partir de la station des Près (dans des couloirs dédiés)
- à partir de l’est (tournai, baisieux) : tram-train
- à partir de l’ouest : navettes en bus (dans des couloirs dédiés) à partir des grands parkings déjà existants du centre commercial de lomme-englos
- tickets de spectacle couplés avec des billets de ter
- pourquoi pas un recouvrement de la N227, des 4 cantons jusqu’à l’hôtel de ville ? avec une partie parking (vers le sud et le stade), à la place de celui projeté au P5, ce qui permettrait de limiter les nuisances phoniques
- de conserver la corbeautière et la peupleraie du P5
- d’éviter au maximum la traversée de la cité scientifique par les spectateurs Il est primordial que les futures voiries, si elles doivent se faire, prennent en compte le déplacement doux, la création ou le renforcement des corridors biologiques. Dans le cas du pont et de la passerelle il est impératif de créer une bande large, végétalisée pour permettre le déplacement de la faune, de la flore etc…D’autres espaces sont à reconquérir sur les ronds-points, équipements etc…Il ne faut pas de l’aménagement paysager simple, l’enjeu n’est pas la décoration, comme on le voit trop souvent avec des plantes non adaptées, gourmandes en eau, parfois invasives et non appropriées à la faune locale.

- rien n’est prévu pour l’accessibilité piéton/vélo, juste le constat dans le dossier qu’il y a un manque criant et qu’il faudra que ça se fasse mais pas de budget
- parkings de la cité scientifique : en contradiction avec le pdu puisqu’on encouragera de fait les étudiants à venir à la fac en voiture ;
- traversées piétons pour les parkings extérieurs au stade : quid de la sécurisation ?
- l’accès métro par l’hôtel de ville est nié, considérant que ce n’est pas la station idéale parce que peu compatible avec des flux importants de voyageurs. Pourtant dans la réalité, elle est la plus près du stade, on fait comme si et rien n’est prévu pour rendre plus aisé le projet on ne prenant pas en compte suffisamment la sécurité de la desserte - notamment piéton et vélo ;
- problème pour l’IUT qui voit, avec la construction d’une bretelle supplémentaire de desserte pour l’accès au P5, sa zone d’évacuation divisée par deux accroissant le danger en cas d’incendie
- prévisions transpole... ils ne pourront amener que 10000 personnes au stade (et sans compter les voyageurs habituels qui ne sont pas pris en compte dans l’étude, on fait comme si tous ceux qui prendront la ligne 1 les soirs de match iront - forcément - au stade
- prévisions de flux routier qui se basent sur des horaires des matchs en décalage avec ce qui nous attend (cf rapport Besson de 2008 qui préconise des matchs plus tôt dans l’après-midi pour encourager la fréquentation et limiter les dégats lors de matchs "à risque"
- prévisions de flux routier qui se basent sur des moyennes à la semaine sans tenir compte du fait que le trafic est plus intense le week-end, et pire, ces flux moyens ne sont pas couplés à une estimation des temps de parcours (ben oui... quand la voiture est arrêtée dans les bouchons, le flux est nul....
- la délimitation de la zone prise en compte dans l’enquête d’accessibilité (un beau cercle violet) montre bien le peu de cas qui est fait de l’accessibilité pour les riverains à leur maison et à d’autres endroits que le grand stade ;
- la sécurité incendie dans le stade, les zones de sécurisation sont à certains endroits dans le stade à 50m à pied, alors que la loi impose moins de 10m Les liaisons douces ne sont pas prévues au programme, dans les aménagements envisagés, rien n’est prévu pour permettre l’accessibilité douce, la réalisation de cheminements piéton et vélo n’est pas concrètement pensée, pas suffisante notamment pour les rond-points en transformation ou création. Cela concerne les sorties de métro (stations Hotel de Ville et Triolo oubliées), l’aménagement de voies cyclistes sécurisées boulevard de Tournai, boulevard de l’Ouest... ainsi que la sortie des parkings : par exemple, concernant la sortie du parking de l’IUT, les visiteurs devront traverser à pied la bretelle de sortie de la RN227 puis, de l’autre côté du pont, la bretelle d’entrée. De même, concernant la sortie du parking situé sur le circuit moto, il faudra traverser la Départementale 146 pour rejoindre le stade... les mêmes traversées devront se faire également au retour, la nuit, dans des conditions de visibilité encore moins sécurisantes. Dans le dossier, le constat est fait qu’il y a un manque criant et qu’il faudra que ces cheminements soient faits, mais avec quel budget. Pourtant, à la vue du caractère indispensable de ces aménagements en terme d’accessibilité et de sécurisation, il apparaît essentiel de les prévoir. Ce n’est pas le cas, la raison en est peut-être que cela risquerait d’augmenter la facture et de dépasser la limite rendant indispensable la tenue de la Commission Nationale du Débat Publique. Il serait donc juste d’intégrer le coût de ces aménagements au budget. Cela permet à LMCU de faire baisser les coûts mais cela se fait au détriment de la sécurité. De nombreux paramètres relatifs à l’accès métro ont été omis, nous nous posons la question de la volonté sous-jacente ou du sérieux du dossier proposé : Transpole a effectué des simulations. Le résultat est qu’il sera possible d’amener 10000 personnes au stade avant le doublement de la ligne 1 (prévu en 2017 !) et 16000 après. Outre que cela ne semble pas suffisant pour une capacité de 50000 places, on relève que les voyageurs habituels ne sont pas pris en compte dans l’étude : on fait comme si tous ceux qui prendront la ligne 1 les soirs de match iront - forcément - au stade !
- l’accès métro par les stations Hôtel de ville et Triolo est totalement oublié. Dans le dossier, il est mentionné que ce ne sont pas les stations idéales, parce que peu compatibles avec des flux importants de voyageurs. Pourtant dans la réalité, elles sont les plus proches du stade.

Nous sommes totalement opposés à la fermeture de ses stations les jours ou soirs d’événements de la boite à spectacle. La vie de des habitants et leur mobilité ne pourrait souffrir de restrictions. Les stations doivent fonctionner normalement, charge à la collectivité de proposer des déplacements cohérents des spectateurs en dehors de la traversée de zones sensibles et en toute sécurité. Des garanties doivent être apportées rapidement en ce sens. Comme rien n’est prévu dans le dossier il faudra dégager des moyens financiers à la hauteur du besoin pour installer des aménagements et des voies piétonnes qui faciliteront et sécuriseront la desserte.

Les prévisions de flux routier ne tiennent pas compte de la réalité :
- les prévisions de flux routier se basent sur des horaires des matchs à partir de 20 h. C’est en décalage complet avec ce qui va se passer dans la réalité si l’on suit les préconisations des rapports Besson (2008) et Seguin (2008) qui préconisent des matchs plus tôt dans l’après-midi ou de les accompagner d’un lever de rideau pour encourager la fréquentation et limiter les dégâts lors de matchs jugés "à haut risque". Les prévisions de flux routier se basent sur des moyennes à la semaine sans tenir compte du fait que le trafic est plus intense le week-end, et pire encore, ces flux moyens ne sont pas couplés à une estimation des temps de parcours, ce qui fausse complètement les données... puisque quand la voiture est ralentie dans les bouchons, le flux est faible (moins de voitures passent au même endroit au même moment).

Il aurait fallu prendre ces données en compte de manière à estimer la réalité de l’engorgement routier, et non celle qui était la plus favorable aux concepteurs su projet grand stade. Pas de projection concernant la circulation future de la zone commerciale (Heron Park, Cinémas etc…) Il est inadmissible que des études sur ce trafic soit réalisé en juin alors que les enquêtes sont en cours car cela doit figurer dans ces dossiers avec tous les éléments prospectifs pour apprécier l’impact potentiel. Cela méritera la saisie des tribunaux compétents pour enquête partielle.

Des aménagements contraires au Plan de Déplacement Urbain.

Il est prévu d’aménager des parkings aux abords de la cité scientifique : c’est en contradiction complète avec le PDU puisque ces parkings ne serviront pas que les jours d’évènements, et que cela encouragera de fait les étudiants à venir à l’université en voiture (d’autant que le métro est souvent saturé aux stations Cité Scientifique et Quatre Cantons).

Des conditions de sécurité bradées pour le personnel et les étudiants de l’IUT, au profit du grand stade.

Avec la construction d’une bretelle de desserte supplémentaire pour l’accès au P5, l’IUT voit sa zone d’évacuation divisée par deux en cas d’incendie. Déjà, en l’état, une évacuation optimale n’est pas possible puisqu’en cas d’incendie, les véhicules de secours ne peuvent s’y croiser qu’en prenant des précautions (appuyer leurs stabilisateurs sur des surfaces spécifiques).

De plus, il était prévu qu’une aire fermée de collecte des déchets soit installée sur cette zone, et la réduction de la surface disponible qui en résultera n’est pas prise en compte.

Une conception « très limitée » de l’accessibilité.

La zone délimitée dans l’enquête d’accessibilité se matérialise par un tracé violet fermé.

Les études et prévisions ne concernent que l’intérieur de la zone. Ce choix matériel démontre à lui seul le peu de cas qui est fait de l’accessibilité en dehors du grand stade.

Autrement dit, les nuisances qui en résulteront pour les riverains qui souhaiteront sortir de la zone ou rentrer dans la zone en venant de l’extérieur (pourtant très probable les jours de week-end...) ne sont absolument pas envisagées. Il en résultera des difficultés conséquentes pour les Villeneuvois et les Lezennois qui ne souhaitent pas se rendre au grand stade....

Pour exemple, les habitants de Lezennes qui ne disposent pourtant que de quatre accès pour entrer ou sortir de la ville en verront trois dévolus au grand stade (rond-point Chanzy et RD146 qui servira pour l’accès au parking du stade et au parking du complexe motocycliste ; deux accès Boulevard de Tournai qui serviront pour l’accès au parking IUT). Le seul accès qui devrait être à peu près libre de tout trafic lié au grand stade ne permettra que de rejoindre Lille ou Ronchin par l’autoroute.

Le projet de grand stade aurait pu être l’occasion de repenser et conforter la mobilité sans laisser la part belle à la voiture (exemple de la Haute Borne : besoin pour l’activité économique immédiate d’une station de métro entre autre). Il n’en sera rien en l’état actuel du dossier. La concertation n’ayant pas été faite avant, nous sommes devant un gros problème.

Il eut été préférable d’avoir un projet moins ambitieux, avec un accès desservi uniquement par les transports en commun ou en transport doux, exemplaire dans sa construction, son intégration, sa consommation en énergie.

Le dossier accessibilité est à revoir totalement car des sommes énormes vont être englouties pour n’aboutir qu’à l’asphyxie du secteur.

Des modifications d’infrastructures payées chers pour ne répondre qu’à un seul besoin, répondre à l’appel du monstre uniquement.

Comment un tel projet est encore possible en 2010 ?.

Sans partenariat nous serions avec un projet à taille humaine, maitrisable, acceptable. Pour vérifier le besoin de cet équipement il faut en passer par un débat national. Nous avons interpellé la commission nationale du débat public mais nous sommes toujours en attente de la réponse. Nous nous étonnons de son silence. Nous ne désespérons pas de la convaincre, la facture s’alourdissant avec le traitement complet de la butte et de ces déchets hautement polluants, car comme le dit Madame Demessine, cela aura des incidences budgétaires. La haute autorité aura plus de visibilité sur l’ampleur du dossier financier.

Répondre à cet article